Résumé

H.-P. Dufraisse Le Théisme, poème en trois décades… (1872)

Et c'est juste, mon Dieu , bonne tu la reçois Dans le rang des élus, qui de tes saintes lois N'ont jamais transgressé les pieuses maximes, Mauvaise, dans l'enfer elle pleure ses crimes.
L'enfer ! il en est un, ma raison le comprend, Ou tu n'aurais fait l'homme, ici-bas si souffrant, Qu'une dérision de ta haute justice, Puisque la vertu souffre, et que jouit le vice. Si l'enfer n'était pas, toi, tu ne serais point, Le hasard seul au monde aurait mis son appoint. Tu ne serais qu'un mot, l'effroi de la faiblesse, Comme prétend l'athée en sa fausse sagesse.
Source : Gallica

H.-P. Dufraisse Le Théisme, poème en trois décades… (1872)

Le prêtre de Jacob par lui béatifie, Et celui de Jésus, le suivant pus à pas Dans ses dogmes d'erreurs, de vie et de trépas, Exalte les mortels vers un Dieu de vengeance. Les peuples abrutis par cette fourbe engeance, Qui fait le Créateur semblable à son instinct, Ne savent discerner le diffus, le distinct, Ne peuvent plus entendre avec leur propre ouïe. Lorsqu'un prêtre a parlé, leur raison éblouie Prend le noir pour le blanc et le faux pour le vrai, Et du simple bon sens on se trouve sevré ; On n'est plus qu'une brute, un ressort d'automate, Dont un adroit fripon fait manoeuvrer la latte
Source : Gallica

H.-P. Dufraisse Le Théisme, poème en trois décades… (1872)

D'hommes il n'en est pas qui froidement cheminen A côté d'une tombe. Elle a des souvenirs Pour eux trop éloquents. Là sont les avenirs Du juste, du pervers, du croyant, de l'athée. Mais malheur à celui dont l'âme est révoltée A l'aspect de ces champs, de la mort temple froid. Et se hâte de fuir, comme si de son doigt Dieu ne lui marquait pas la place, qui l'appelle À venir y chercher du fossoyeur la pelle.
Il fuit, mais en courant il emporte la mort. Peut-être il est maudit, peut-être le remord, Lui tenaillant le coeur, lui ravit l'espérance. Il pense dans sa fuite étouffer sa souffrance.
Source : Gallica

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