Auguste Barbier,
Poésies posthumes
(1884)
“ Où le coeur soit candide autant que le front pur, Et l'oeil comme le ciel tout de flamme et d'azur, Où la bouche soit douce et fraîche et parfumée, Où l'âme sans calcul ne veuille qu'être aimée : Et c'est en cet instant, si pur et si divin, Qu'on la flétrit avec la contrainte d'airain : On ne lui laisse pas user de la richesse Que la tendre nature octroie avec largesse A ses ans fugitifs ; on ne lui permet pas D'épancher librement ce flot d'amour, hélas ! Qui ne brûle qu'une heure. Ah ! c'est mal, c'est impie, C'est ouvrir tôt ou tard la porte à l'infamie!... ”
