Fortunay Strowski

Résumé

Fortunay Strowski Revue des Deux Mondes

Et lorsque cette âme est beaucoup passée en Dieu, que la volonté est disparue en ce qu’elle a de désir et de répugnance, et qu’elle ne se découvre plus, c’est alors que l’union essentielle est véritable, et que l’âme est passée de la mort à la nouvelle vie que l’on appelle résurrection. Alors l’âme, ne vivant plus en elle-même, étant morte à tout et passée en Dieu, vit de Dieu ; et Dieu est sa vie. Plus cette vie nouvelle et divine s’augmente et se perfectionne, plus la volonté se trouve perdue, passée et transformée en celle de Dieu.
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Fortunay Strowski Revue des Deux Mondes

Qu’est-ce que Dieu veut faire de la pieuse Mme de Maintenon, qui a un pouvoir absolu, et le plus légitime des pouvoirs, sur le maître de la France ? Mme de Maintenon se le demande elle-même. Mais elle ne perd pas son étonnant sang-froid ; elle exerce toujours ce jugement précis et sec, infaillible, qu’aucun mouvement de sensibilité ne dérange : prophétesse qui n’a pas de cœur et qui n’a pas d’illusions.
M. Tronson dominait là ; mais il n’y venait point : il ne quittait pas Saint-Sulpice. Alors l’abbé de Fénelon le remplaçait.
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Fortunay Strowski Revue des Deux Mondes

Mais reconnaître Dieu dans les événemens les plus médiocres, dans les devoirs les plus mesquins, dans les obligations les plus basses, affirmer qu’il y a un vouloir spécial de Dieu là où l’œil le plus respectueux ne voit que les rencontres insignifiantes du hasard, ce n’est pas très facile, surtout quand on a l’esprit relevé. C’est pourtant ce qu’exige l’enseignement de Mme Guyon ; et sans cette foi, l’abandon n’est rien, c’est le farniente du Napolitain qui se couche au soleil.
Cette méthode convenait admirablement à Fénelon.
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