“ Suivant Spinoza, tout ce qui ne possède pas l’existence par soi-même doit avoir une cause externe : or la volition n’a pas d’existence par son essence propre ; elle doit donc avoir une autre cause qu’elle-même ; elle n’est donc pas libre. On soutient que cette cause, c’est la volonté même, laquelle est distincte de l’entendement, quoique liée avec lui ; mais ce sont là des êtres de raison : car si c’étaient des êtres réels, ce seraient des substances ; et comme l’âme, dit-on, dirige l’une et l’autre, il y aurait là encore une troisième substance. ”
Baruch Spinoza
Définition et enjeux
Baruch Spinoza, philosophe néerlandais du XVIIe siècle, est un pionnier du rationalisme moderne. Sa pensée mêle métaphysique, éthique et critique religieuse. Son œuvre, notamment l'Éthique et le Traité théologico-politique, examine l'identité de Dieu et de la nature, la liberté au sein de la nécessité, ainsi que la contestation des dogmes religieux.
Spinoza, souvent discuté de son vivant, a marqué des penseurs comme Hegel, Nietzsche et Deleuze, qui le voyaient comme une base de la philosophie moderne. Anatole Leroy-Beaulieu souligne son génie, malgré les divergences idéologiques, en mettant en avant l’originalité de sa vision panthéiste et son apport à la pensée occidentale. Son héritage, révélé après sa mort, continue d’alimenter les débats sur la liberté, la religion et la nature humaine.
Citations sur “Baruch Spinoza”
“ Spinoza se fonde sur ce dilemme : une substance limitée ne le serait que par elle-même ou par autrui ; par elle-même, c’est impossible ; car comment supposer que, pouvant être plus, elle consente à être moins ? d’ailleurs, si elle était limitée par elle-même, c’est qu’elle existerait par elle-même. Or, existant par elle-même, comment pourrait-elle s’être limitée ? Car une substance assez puissante pour se donner l’existence se donnera à plus forte raison toutes les perfections et n’a aucune raison de s’en refuser aucune ni d’en amoindrir aucune. ”
Baruch Spinoza,
Éthique
(1677)
“ Je ne crois pas pour ma part que Spinoza ait varié quant au sens du mot voluntas ; la pensée est essentiellement active, l’idée se pose ou s’affirme en même temps et par cela seul qu’elle est conçue ou produite ; en ce sens, l’essence de l’âme est volonté ; mais l’homme n’est pas seulement pensée, il est aussi étendue ; il ne produit pas seulement des idées ou des jugements, il exécute aussi des mouvements en vertu de son essence ; nulle part, à ma connaissance, Spinoza n’use du mot volonté quand il s’agit d’un désir relatif au corps et se manifestant par un mouvement. ”
