“ Suivant Spinoza, tout ce qui ne possède pas l’existence par soi-même doit avoir une cause externe : or la volition n’a pas d’existence par son essence propre ; elle doit donc avoir une autre cause qu’elle-même ; elle n’est donc pas libre. On soutient que cette cause, c’est la volonté même, laquelle est distincte de l’entendement, quoique liée avec lui ; mais ce sont là des êtres de raison : car si c’étaient des êtres réels, ce seraient des substances ; et comme l’âme, dit-on, dirige l’une et l’autre, il y aurait là encore une troisième substance. ”
Spinoza
Définition et enjeux
Baruch Spinoza, philosophe du XVIIe siècle, est célèbre pour sa vision moniste de l'univers, où tout existe comme mode d'une seule substance divine. Son œuvre, notamment l’Éthique, examine la nature de la liberté, la relation entre esprit et corps, ainsi que la structure de la réalité.
Spinoza affirme que la volonté n’est pas libre, car elle dépend d’une cause extérieure, et que l’âme et le corps ne sont qu’une seule et même réalité exprimée autrement. Leibniz critique cette unité, tandis que Victor Delbos met en évidence l’unité de l’infini et du fini dans sa pensée. Les réflexions de Spinoza sur la substance et la dépendance des choses limitées ont influencé des courants métaphysiques et spirituels, comme le panthéisme.
Citations sur “Spinoza”
“ Spinoza se fonde sur ce dilemme : une substance limitée ne le serait que par elle-même ou par autrui ; par elle-même, c’est impossible ; car comment supposer que, pouvant être plus, elle consente à être moins ? d’ailleurs, si elle était limitée par elle-même, c’est qu’elle existerait par elle-même. Or, existant par elle-même, comment pourrait-elle s’être limitée ? Car une substance assez puissante pour se donner l’existence se donnera à plus forte raison toutes les perfections et n’a aucune raison de s’en refuser aucune ni d’en amoindrir aucune. ”
Baruch Spinoza,
Éthique
(1677)
“ Je ne crois pas pour ma part que Spinoza ait varié quant au sens du mot voluntas ; la pensée est essentiellement active, l’idée se pose ou s’affirme en même temps et par cela seul qu’elle est conçue ou produite ; en ce sens, l’essence de l’âme est volonté ; mais l’homme n’est pas seulement pensée, il est aussi étendue ; il ne produit pas seulement des idées ou des jugements, il exécute aussi des mouvements en vertu de son essence ; nulle part, à ma connaissance, Spinoza n’use du mot volonté quand il s’agit d’un désir relatif au corps et se manifestant par un mouvement. ”
