Paul Nizan

Élements biographiques

Portrait de Paul Nizan Paul Nizan Les Chiens de garde (1932)

« Il est vrai qu’il est d’usage de parler assez dédaigneusement de la société. On ne voit en elle que la police bourgeoise avec le gendarme qui la protège. C’est passer à côté de la réalité morale la plus riche et la plus complexe qu’il nous soit permis d’observer empiriquement, sans même l’apercevoir » (Sociologie et Philosophie, 109) . Mathématiques et représentations collectives, tout conduit à l’harmonie. La philosophie bourgeoise s’efforce de dissimuler l’État de guerre qu’elle n’ose proclamer sous le voile céleste d’un État de paix imaginaire qu’elle est incapable d’établir sur la terre.
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Portrait de Paul Nizan Paul Nizan Bifur

Comme les philosophes ont pour envers des hommes, les uns ont des raisons de juger le monde confortable, les autres n’arrivent pas à s’y faire. On ne fera croire à personne qu’il suffit toujours pour s’adapter au monde de l’interpréter comme il faut, que l’Opinion relève de la liberté et que la liberté est ensuite le fruit de l’opinion droite. Je n’aime pas la philosophie des écraseurs par ce que je me suis senti écrasé, l’adaptation à l’écrasement me paraît bien moins un succès de la Liberté qu’une condamnation à mort.
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Portrait de Paul Nizan Paul Nizan Les Chiens de garde (1932)

Il est vain de louer comme un saint, de réprouver comme un pécheur, un philosophe, selon qu’il embrasse le parti des hommes, ou qu’il le déserte. En gardant derrière la tête l’antique idée de Péché, de la Première Faute qui aurait pu n’être point commise : chacun sait bien que l’Esprit est libre. Je regarde M. Bergson comme un danger, mais non comme un pécheur, je vois en lui une existence dont je dois saisir la portée. Si je dis qu’il est avec la bourgeoisie contre les hommes, cela ne veut pas dire que je le regarde comme un ennemi, comme un parasite.
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