Léon Ollé-Laprune

Élements biographiques

Léon Ollé-Laprune Le Prix de la vie, par Léon Ollé-Laprune… (1894)

Une fois le prix de la personne morale bien vu, la vie présente n'a pas en soi de quoi se comprendre toute seule. Elle sème : il faut une récolte.
Elle combat : où est le repos, où la gloire achetés par la victoire?
La vie présente est comparable à une éducation et aussi à une épreuve : c'est dire qu'elle est transitoire. D'ailleurs, nous appelons et déjà nous portons, pour ainsi dire, en nous l'éternel.
Nos objets les plus hauts, ceux de la pure pensée, sont éternels. La vérité, la loi morale, le Bien ni ne commencent ni ne passent. Le temps n'y entre point et n'y a point de prise.
Source : Gallica

Léon Ollé-Laprune La philosophie et le temps présent (1890)

Artiste, on sait bien que l'art ne produit que des apparences. Mais en ces apparences, précisément parce qu'on les reconnaît telles, on découvre, ou plutôt l'on met soi-même une vertu idéale, une sorte de vertu divine, et ce monde qui n'existe pas, production sans réalité d'un art puissant, éclate à la pensée avec une telle beauté, que l'artiste adore presque son idée : le voilà épris, presque pris, s'enchantant, s'enivrant de la splendide image, et ce qui est si beau, qu'importe que ce ne soit rien de réel ?
Source : Gallica

Léon Ollé-Laprune Le Prix de la vie, par Léon Ollé-Laprune… (1894)

Mais qu'il ne faut pas être non plus des satisfaits, j'entends de ceux qui trouvent tout bien en ce monde ! Les satisfaits sont indifférents aux maux qui ne sont pas les leurs; et, pour eux-mêmes, ils sont bornés dans leurs vues et dans leurs vœux. Ils terminent leurs pensées et leurs désirs à je ne sais quel bonheur mesquin et égoïste. Ils n'ont pas d'élan, ils n'ont pas d'ardeur. Ils jouissent petitement, ou ils voient tranquillement autrui souffrir en se croisant les bras. Quel misérable sort que celui des satisfaits !
Pour y échapper, je veux me remplir l'esprit des maux de la vie.
Source : Gallica

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