Résumé

Émile Saisset La Philosophie des Juifs, Maïmonide et Spinoza

Un point sur lequel Maïmonide et Spinoza se rencontrent, c’est l’horreur de la superstition, c’est l’aversion pour l’anthropomorphisme. Spinoza se plaint que les hommes dénaturent la Divinité en la faisant à leur image. « On se représente Dieu, dit-il [48] , comme formé d’une âme et d’un corps, et sujet, ainsi que l’homme, aux passions. » Et cependant Dieu est par son infinité au-dessus des limitations de l’étendue, comme, par sa pensée éternelle et immuable, il reste affranchi des misères de l’entendement borné et de l’inconstante volonté des hommes.
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Émile Saisset La Philosophie des Juifs, Maïmonide et Spinoza

L’inspiration divine s’arrête-t-elle à la raison, sans aller jusqu’à l’imagination : au lieu d’un prophète, vous avez un simple philosophe. Au contraire cette inspiration rencontre-t-elle une âme où l’imagination seule est forte, mais où la raison est faible : elle ne produit plus qu’un de ces hommes subalternes, à la fois dupes d’eux-mêmes et artisans de pieux mensonges, qu’on appelle des devins, des augures, des magiciens. C’est de là que sortent les faux prophètes. Le vrai prophète est donc un homme deux fois supérieur et deux fois inspiré de Dieu.
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Émile Saisset La Philosophie des Juifs, Maïmonide et Spinoza

Voilà Descartes délivré des soucis de la paternité, n’ayant plus rien de commun avec ces deux indignes fils qu’on lui attribuait, Malebranche et Spinoza ; le voilà pur de tout panthéisme, de tout fatalisme, de tout mysticisme ; il a toujours marché droit ; jamais il n’est tombé, jamais il n’a glissé, ni chancelé, ni dévié. Il est le philosophe parfait, impeccable, infaillible. Soit ; mais alors expliquez-moi, je vous prie, pourquoi il est arrivé au système de Descartes ce qui arrive à toutes les œuvres humaines. Elles vivent quelque temps, puis elles meurent. La vérité seule ne meurt pas.
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