Résumé

Portrait de Paul Janet Paul Janet Spinoza et le Spinozisme d’après les travaux les plus récens

Où est le métaphysicien qui resterait pur et innocent, s’il suffisait de s’être trompé sur un attribut divin pour être déclaré athée ? Que Spinoza se trompe ou non sur la pensée divine, toujours est-il qu’il admet que Dieu pense, et il doit entendre quelque chose par là. La pensée n’est pas pour lui un mot vide de sens. Elle est à ses yeux ce qu’il y a d’essentiel, d’effectif, de parfait dans la pensée humaines. La pensée divine est donc ce que Platon aurait appelé l’idée de la pensée, la pensée en soi. Quel est maintenant dans la pensée humaine l’élément essentiel ?
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Ce n’est point non plus dans le sens du déisme philosophique, car il nie absolument toute personnalité divine ; mais il ne nie pas que Dieu soit l’infinie perfection, la perfection en tout sens : il affirme que le plus haut état pour l’âme est de s’élever à la conscience de cette souveraine perfection, d’en éprouver de la joie et d’y trouver son bonheur. Plus l’âme se nourrira de cette pensée suprême et vraiment consolante, plus elle accroîtra ses chances d’immortalité, plus il y aura en elle d’éternité, et c’est là la suprême béatitude.
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Portrait de Paul Janet Paul Janet Spinoza et le Spinozisme d’après les travaux les plus récens

La vraie vertu est de se savoir sans péché. Celui qui a rejeté tous ses anciens préjugés, qui ne se croit plus un sujet en soi, qui est content d’être tel qu’il est, celui-là est saint et sauvé. C’est ce que nous a appris l’incarnation du Verbe. Ce n’est pas une satisfaction du Christ à Dieu, mais de Dieu à nous, car Dieu, étant lumière et amour, n’a pas voulu que nous restassions dans l’erreur en continuant de le considérer comme un être transcendant et nous-mêmes comme des pécheurs.
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