Résumé

Portrait de Jules Lagneau Jules Lagneau Revue de métaphysique et de morale

L’absolument infini ou parfait pour Spinoza, c’est l’absolument existant, c’est-à-dire ce qui existe sans condition, sans détermination, en soi, par soi. Pensant l’infini, Spinoza ne le pense pas moins existant, et par soi, que quand il pense la substance ; à dire vrai, c’est elle qu’il pense, sous un autre nom : cette seconde preuve, comme la première, ne fait qu’exposer les déterminations qu’il implique dans cette intuition primordiale ; car une intuition n’est pas une contemplation passive, mais un jugement à plusieurs termes, intuitif en ce seul sens qu’il est ultime, fondé sur lui-même.
Source : Wikisource

Portrait de Jules Lagneau Jules Lagneau Revue de métaphysique et de morale

Dieu n’est rien en soi ; pour Descartes il est encore l’être pur, la réalité infinie, distincte du monde et se suffisant. Spinoza jette le pont, il n’y a pas plus en Dieu que dans le monde, que dans ce qu’il réalise ; plus d’autre monde de même nature que celui-ci, plus de monde des idées, plus non plus de Dieu incompréhensible. Dieu est adéquatement connaissable.
Absurdité de l’idée de Renan d’un Spinoza amant de l’idéal : Spinoza est un amant de ce monde, c’est un Juif attaché à cette terre, citoyen du monde.
La substance n’est rien sans l’attribut, l’attribut n’est rien sans les modes.
Source : Wikisource

Portrait de Jules Lagneau Jules Lagneau Revue de métaphysique et de morale

L’absorption de la partie dans le tout n’a dans Spinoza rien de mystique, comme dans le néoplatonisme, rien d’ineffable qui relève du sentiment. Son Dieu est le ciment du monde, perceptible à la Raison, à la faculté suprême de connaître la loi, c’est-à-dire l’unité. Son système est le plus héroïque effort pour remplacer le dedans par le dehors, pour tirer du dehors, de l’objet, de l’intelligence, de quoi nous passer du dedans, du sujet, du sentiment.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature