Résumé

Revue philosophique de la France et de l’étranger

Partie changeante d’un tout sans cesse en mouvement, instant d’une succession, elle échappe alors à toute détermination précise. Elle peut se confondre avec l’émotion, le besoin, l’habitude, l’instinct, le simple réflexe, et ce n’est point dans ce domaine obscur de l’activité vitale que nous en saisirons d’abord le caractère principal. Il faut chercher un cas typique, un phénomène privilégié où elle apparaisse dans sa plus grande pureté. Si notre hypothèse est exacte, ce fait décisif où dominerait l’attention doit être en même temps le plus éloigné des nécessités de la vie.
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Les perceptions de l’enfant ne comportent aucune application immédiate; elles ne sont point susceptibles de s'inscrire aussitôt en actes dans sa conduite instinctive : elles se suffisent à elles-mêmes, ne peuvent servir à rien, elles constituent littéralement un objet qui n’est qu'objet, tableau détaché de la vie, panorama brillant que ne limite ou ne voile aucune nécessité de la pratique, pure vision, sorte de rêve inépuisable, toujours nouveau, toujours renouvelé, premier mouvement du savoir, libre essor de la conscience épanouie et qui est bien, cette fois-ci, le jeu par excellence.
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Dans un précédent article [3] , j’ai essayé d’établir une distinction entre l’affect pur, comme la sensation du lait, du froid et du chaud chez le nouveau-né et la sensation perceptive, mêlée de plaisir encore, mais enfin primitivement inutile, objective, relativement représentative, comme celle de la lumière. Suivez, dans le développement progressif de la conscience, la marche de l’un et de l’autre élément et vous verrez, de même que l’affect s’est organisé en émotion, le percept engendrer l’attention.
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