Badaud

Définition et enjeux

Portrait de Victor Fournel Victor Fournel,  Esquisses et croquis parisiens… (1876-1879)

“ Le parfait badaud, tel qu'il croît à Paris, et à Paris seulement, ne recule devant rien. Il est intrépide : les
balles ne l'effrayent pas. Pour voir une émeute et une barricade, il risquera cent fois de se faire casser la tête.
Il est féroce : tout cadavre l'attire invinciblement. Qu'on retire un noyé de la Seine ou un enfant écrasé de dessous les roues d'un omnibus, le badaud se hâte; le voici au premier rang : il s'apitoie, mais au fond qu'il est heureux ! Du moins, comme Titus , il n'aura pas perdu sa journée. La Morgue est son aimant.
”
Source : Gallica

Portrait de Victor Fournel Victor Fournel,  Esquisses et croquis parisiens… (1876-1879)

“ Le badaud de profession, le badaud nomade, —petit l'entier, employé flâneur, apprenti envoyé en course par le patron, désœuvré qui bat les rues en cherchant tous le smoyens de tuer le temps sans le faire crier, — accourt des quatre points de l'horizon. Le badaud sédentaire, — concierge, épicier, fruitier, pharmacien, boucher, boulanger, gens de toutes les boutiques, — enchanté de cette diversion à la monotonie de son existence, passe sa tête de colimaçon hors de sa coquille. ”
Source : Gallica

Armand Charlemagne,  Timon-Alceste, ou le Misanthrope moderne… (1834)

“ Le badaud est l'abrégé de tout ce qui n'est rien. Il est constitué pour rire en attendant la joie , pour réfléchir avant d'avoir une idée , pour se démener, pour se révolutionner, pour se mettre à l'envers , sans perdre son équilibre.
Alfred le trouva à la porte de l'église ; il salua en sa personne la grande ville , le bizarre assemblage d'hommes dont le badaud est le représentant.
Les mendians avaient été humbles quand la noce avait défilé devant eux, les gamins avaient été moitié respectueux, moitié insolens ; les badauds ne furent rien du tout.
”
Source : Gallica

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