Charles Labitte

Résumé

Charles Labitte Revue des Deux Mondes

Voyez la puissance du génie : le monde oublie pour lui ses habitudes ; d’ordinaire la noblesse se reçoit des pères ; ici, au contraire, elle est ascendante. L’histoire recueille avec empressement le nom de je ne sais quel croisé obscur, parce qu’à lui remonte la famille de Dante ; la critique analyse des légendes oubliées, parce que ces légendes sont la source première de la Divine Comédie. La foule ne connaîtra, n’acceptera que le nom du poète, et la foule aura raison. C’est la destinée des grands hommes de jeter ainsi l’ombre sur ce qui est derrière eux, et de ne briller que par eux-mêmes.
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Charles Labitte Revue des Deux Mondes

Curieux de toute chose, ce ne fut là pour lui qu’une forme de l’érudition.
On devine bien que, dans ses satires, Varron ne perdait pas une occasion d’enchâsser les faits sous la plaisanterie, de glisser l’enseignement, sous le couvert du rire ; bien des sujets de mythologie, d’histoire, de grammaire même se trouvaient de la sorte éclaircis à la rencontre. Instruire en amusant, corriger en se moquant, c’était là sa secrète intention : la satire fut dans ses mains l’arme d’un sage. Jamais il n’oublie le but pratique et moral ; pas un vice, pas un ridicule ne lui échappe.
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Charles Labitte Revue des Deux Mondes

Quant à Naudé, la vie dut n’avoir pour lui ni secousses vives ni espérances déçues. Il la prit dès l’abord pour ce qu’elle vaut, ne la dorant pas de trop d’illusions, ne la rembrunissant pas de trop de dégoûts, existence sans concentrations intimes et sans épanouissement au dehors ; vie qui ne s’est pas créé d’idoles auxquelles il faut sacrifier, et qui s’est fait, en dehors de l’art, un but d’érudition spéciale. Toutes les passions avaient peu à peu disparu de son ame, au profit de la grande passion qui le dominait, l’amour des livres.
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