Ernest Bidault

Élements biographiques

Ernest Bidault,  Ceux du roi (1889)

“ Vite, le temps s'écoule, Cria la voix d'un homme au pâle conducteur :
La charrette roula jusqu'à l'exécuteur... Un nuage courut devant mes yeux humides. Elles, sur l'échafaud, s'élancèrent rapides. Toi, d'abord, dit Perrine, en embrassant sa soeur, Pierre et François là-haut nous attendent... du coeur! Un bruit sourd, puis du sang... elle avait cessé d'être! « Vive le Christ, mon Dieu! Vive le roi, mon maître!» Cria Perrine au peuple... elle parlait encor Quand, sous le couperet, son âme prit l'essor.
”
Source : Gallica

Ernest Bidault,  Ceux du roi (1889)

“ Jusqu'alors insensible au bruit des saints murmures, Cet homme hypnotisé par les choses futures, S'était, sur son grabat, dressé l'oreille au vent, Et regardant vers l'huis : — Ouvrez à l'arrivant, Allégresse ! c'est lui ! découvrez-moi la tête, — Ahanait le vieillard : la mort est une fête, Quand on voit ses amis se hâter vers le seuil Que va franchir son spectre en long manteau de deuil. — Devant ses yeux la fièvre agite ses fantômes, Fit le prêtre, approchons de lui les saints aromes...
La porte, en ce moment, cria sur ses vieux gonds,
Mort de René Cottereau.
”
Source : Gallica

Ernest Bidault,  Ceux du roi (1889)

“ Trahison! mes amis, cria Jean, le front pâle, Trahison ! trahison ! c'est un exploit des Bleus, L'endroit qui brûle ainsi, c'est la place royale! Comme un loup affamé qu'excite la rafale, Le fléau nous dévore, allumé sous nos yeux. Brûle ! ta cendre, ô bois, retombera sur eux !
Pauvres closiers, hélas!... tantôt, troupe joyeuse, Ils fêtaient la moisson sous le toit des aïeux, Ils croyaient qu'elle était une trêve pieuse, Que la tacher de sang, c'était chose honteuse : Ils avaient donc laissé, sous la garde des cieux, Leur hutte et leur église au fond du bois ombreux.
”
Source : Gallica

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