José-Maria de Heredia,
Les Trophées
(1893)
“ Ami, dressons un tertre aux bornes de ton pré Et qu'un vieux bouc, du sang de sa gorge velue, Fasse l'argile noire et le gazon pourpré. LA JEUNE MORTE QUI que tu sois, Vivant, passe vite parmi L'herbe du tertre où gît ma cendre inconsolée; Ne foule point les fleurs de l'humble mausolée D'où j'écoute ramper le lierre et la fourmi. Tu t'arrêtes? Un chant de colombe a gémi. Non! qu'elle ne soit pas sur ma tombe immolée! Si tu veux m'être cher, donne-lui la volée. La vie est si douce, ah ! laisse-la vivre, ami. ”
