Résumé

T. Suzanne Mes délassements scolaires, poésies… (1851)

ÉMILE.
Oh ! sous ce coup fatal mon cœur est abattu : J'ai parlé, j'ai prié. l'on repousse ma flamme.
Mme JOSEPH.
Pauvre enfant ! mais pour toi n'est-il donc qu'une femme ?
ÉMILE.
Une seule , une seule!. oh ! quand chargé d'ennuis, De chagrins vers rongeurs de mes jours, de mes nuits, Je livre au doux zéphir qui traverse la plaine Mou cerveau , tout en feu, qu'enivre son haleine ;
Quand, fatigué du jour, par la fièvre affaibli, Dans la brise un moment je retrouve l'oubli, C'est elle que je vois, c'est sa touchante image Qui se penche vers moi pour me donner courage.
Source : Gallica

T. Suzanne Mes délassements scolaires, poésies… (1851)

Il te montre la rose et cache l'aiguillon Qui torture son cœur à lui vieil oisillon ; Et plus tard quand ton aile encor mal assurée Essaîra de tracer en la voûte azurée Maints sinueux contours : attentif à tes pas, T'encourageant du geste et craignant ton trépas, Il sera là toujours, lui qui de l'existence Voudrait se dégager au prix de sa souffrance.
Telle et plus dévouée encore à son enfant, Est la mère d'Emile; elle accueille à l'instant Ces projets prétendus de bonheur et d'ivresse Ne flattant que trop bien son aveugle tendresse.
Source : Gallica

T. Suzanne Mes délassements scolaires, poésies… (1851)

LÉONORE.
Eh bien !
ÉMILE. -
Un glacial accueil Est venu dans mon àme inoculer le deuil ; Obscurcir à jamais le reflet d'espérance Qui — seul — me soutenait et berçait ma souffrance.
LÉONORE.
Il ne se peut : lui-même encouragea l'essor De nos feux innocents ; je n'ose croire encor A la sincérité de ce retour funeste.
ÉMILE.
Votre amour, Léonore, oh ! du moins qu'il me reste.
LÉOORE.
Pouvez-vous en douter?
ÉMILE.
Insensé! - Qu'ai-je dit?
Esclave ! — qu'espérè-je?. usant de son crédit, Qu'il le veuille : à l'instant ma place m'est ravie.
Source : Gallica

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