Paul Féval

Les Nuits de Paris (1851-1852)

Résumé

Paul Féval Les Nuits de Paris (1851-1852)

Tu m’aimeras, Ar-Bel.
Ar-Bel secoua la tête.
— J’aime Ghella, dit-il.
— Et moi, j’aime César !... j’aime Œlian... cela m’empêche-t-il de t’aimer ?... Enfant, je sens mon cœur si grand, qu’il peut contenir à la fois trois grands amours.
— Le mien est trop petit pour un seul amour, répondit Ar-Bel, mais c’est que cet amour est immense !
La Grecque sourit tristement.
— C’est vrai... c’est vrai ! pensa-t-elle tout haut ; — le feu qui s’allume semble ne devoir jamais s’éteindre... Tu es marié d’hier, enfant.
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Paul Féval Les Nuits de Paris (1851-1852)

Du sommet du mont Cétard au camp romain situé dans l’île de Lutèce, pendant toute la route, Œlian et Mysœïs, balancés mollement dans leur litière, s’entretinrent de Ghella et d’Ar-Bel.
De jalousie, pas l’ombre. — Et l’image radieuse de César, qui planait toujours dans leur pensée commune, ne se voilait point à l’aspect de ces nouvelles amours.
C’étaient, je vous le dis, des mœurs étranges.
Ils épuisaient l’amour comme on boit une coupe ; et, comme on remplit de nouveau la coupe vidée, ils cherchaient, après l’amour défloré d’aujourd’hui, l’amour vierge du lendemain.
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Paul Féval Les Nuits de Paris (1851-1852)

Dès que le centarque fut seul, il mit du désordre dans ses vêtements et souilla ses cheveux de poussière. — Puis, après avoir jeté un coup d’œil sur l’épée pour voir si le sang du pauvre esclave était encore à la lame, il ouvrit brusquement la porte à claire-voie et s’élança dans la salle des thermes en criant :
— Malheur ! malheur !
Œlian et Mysœïs se soulevèrent épouvantés.
Corvinus se laissa tomber sur les dalles de granit.
Il disait en se tordant les mains :
— Malheur sur nous ! malheur sur Rome ! malheur sur l’univers ! Malheur ! malheur ! malheur !
— Qu’y a-t-il ? demanda Œlian.
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