J.-Jacques Ampère

Résumé

J.-Jacques Ampère Revue des Deux Mondes

Alexandrie, ce n’est pas pour cette littérature une patrie, c’est une date. Tout au plus le pays funèbre par excellence, le pays où l’image de la mort était partout présente, jusque dans les festins, pouvait-il agir sur l’imagination des poètes, en inspirant à Cheremon des vers à la louange de la mort, dont se moquait Martial.
L’art alexandrin dut subir plus que la littérature l’influence de l’Égypte. La littérature égyptienne, si on peut lui donner ce nom, était enveloppée des mystères de son écriture. L’art parlait aux yeux un langage que tout le monde pouvait comprendre et répéter.
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J.-Jacques Ampère Revue des Deux Mondes

Au moment où le jour va finir, nous nous trouvons comme au milieu d’un grand lac fermé de toutes parts, puis le Nil reprend l’aspect d’un fleuve. Nous glissons, poussés par un vent égal et doux : c’est le vent du nord, et cependant son haleine n’a rien de rude ; elle est légère et caressante. Des feux s’allument sur le rivage ; l’un de ces feux semble se diriger vers nous : c’est un petit bateau qui descend le Nil. La barque de nos amis est proche, nous entendons leurs voix. La nuit est déjà venue, et le jour n’est pas tout-à-fait évanoui.
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J.-Jacques Ampère Revue des Deux Mondes

Le dieu Horus mérite bien son nom hiéroglyphique d’Horus d’or. Le couchant est une fournaise d’or fondu ; les palmiers ont un tronc d’or, un feuillage d’or. A travers cet éblouissement, on aperçoit les teintes violettes des collines. Le ciel et le Nil se peignent tour à tour de rose et d’améthyste, puis la lumière se retire. Les rochers de la rive arabique sont d’un blanc triste, et, en voyant des buffles qui s’avancent dans le fleuve pour y boire, nous nous rappelons vivement ces soirs du Nil aux ténèbres transparentes et aux clartés vagues que rend si bien le pinceau de Marilbat.
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