Louis Tiercelin

Élements biographiques

Louis Tiercelin Les cloches (1891)

LA MORT DE BRIZEUX 145
Tous les efforts trompés et tous les désirs vains ! Toute espérance folle et toute foi meurtrie ! Ma mère, mes amis, mon oeuvre, ma patrie, Ne pouvoir achever tous ces rêves divins !
Faut il que tout nous fuie ainsi, que tout s'efface ! Garder tous ces amours au coeur et mourir seul, Sans qu'un ami soit là, qui, d'un coin de linceul, Vienne pieusement vous recouvrir la face !
MARIE
Non, poète!.. Tous ceux que ton rêve appela, Voici qu'ils sont venus du fond de la Bretagne ; La mer et la forêt, la plaine et la montagne Ont entendu tes cris, poète, et je suis là !
Source : Gallica

Louis Tiercelin Bretons de Lettres

Il y a en vous un critique du XVIIe siècle, mais heureusement, il y a aussi un poète du XIXe. Si l’on en croyait le critique, on n’achèterait pas le poète, et les Heures d’Amour n’en seraient pas à leur quatrième édition. Mais vous avez le bonheur d’être plus fort comme homme de l’avenir que comme champion du passé, et vos vers, cher poète, triomphent de vos doctrines. Vous serez puni par le succès ; c’est bien fait. Ah ! vous voulez relever de Boileau et de Lebatteux en critique. Eh bien, votre poésie se révolte contre vous et vous bat. Elle ne relève, elle, que de l’éternelle nature.
Source : Wikisource

Louis Tiercelin Les impressions, les rêves (1891)

Sur la lande et la mer l'ombre tendait ses toiles Où s'allumaient, au loin, d'impassibles étoiles, Comme des lampes d'or dans la nuit des caveaux.
* * *
Et maintenant, hélas! toujours l'Océan roule Ses flots mystérieux vers les mêmes rochers; Et, parmi la bruyère et les menhirs penchés, Ruine d'un autre âge, une chapelle croule.
Quel immense tombeau que ce pays d'Armor!
Chaque siècle en fuyant laisse une trace sombre; Et le temple du Christ, bientôt recouvert d'ombre, Sera tel qu'un menhir d'un autre culte mort.
Source : Gallica

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