Louis Tiercelin

Résumé

Louis Tiercelin Sur la harpe : poésies : 1886-1896 (1897)

Qu'importe si le mal vient corrompre le bien ! Dissipant chaque jour l'ignorance première, Le monde doit toujours marcher vers la lumière ; Eclaire donc sa marche et ne redoute rien !
Si viennent des méchants, qui des outils de gloire Feront des instruments de honte, malgré tout, Elève le haut temple où se tiendront debout Tous ceux qui, plus savants, resteront fiers de croire !
Tu fais l'oeuvre de vie et non l'oeuvre de mort ! Va, pilote sans peur, sur cette mer d'orage, Et sois fier, en dépit de ceux qui font naufrage, Si ta barque du moins amène un homme au port.
Source : Gallica

Louis Tiercelin Sur la harpe : poésies : 1886-1896 (1897)

Mais l'Art est la poursuite incessante et sans trève ; Montant toujours plus haut et cherchant toujours mieux, L'artiste obstinément veut atteindre son rêve Dans l'Inconnu toujours fuyant de nouveaux cieux ;
Et quand il a saisi l'adorable Chimère, Qu'il a su la fixer par des traits éclatants, Il songe tristement que l'Oeuvre est éphémère Et qu'elle va sombrer aux injures du temps.
La toile est si fragile où son oeuvre se fie ; La ligne et la couleur s'effacent chaque jour! Oh ! qui pourrait donner une éternelle vie A l'Idéal qu'il vient de peindre avec amour.
Source : Gallica

Louis Tiercelin Sur la harpe : poésies : 1886-1896 (1897)

L'oeuvre est bretonne ! Certes, il n'est pas de Gascogne, Ce brave Jean à qui nul ne tiendra rigueur, Ce robuste qui tremble et ce poltron qui cogne, Ce gars, mauvaise tête et pourtant si bon coeur !
Ce doux qui fait le maître avec enfantillage, Grave et rieur, maussade et galant tour à tour, Ce mari tout tremblant devant le mariage, Cet amoureux tout hésitant devant l'amour !
Il est breton, ce Jean, et Jeannette est bretonne ! Charmante fée et cher lutin à la maison, C'est la femme qui sait mêler, vaillante et bonne, Un brin de fantaisie à beaucoup de raison.
Source : Gallica

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