Ernest Feydeau,
Daniel, étude par Ernest Feydeau…
(1859)
“ Gravissant la base de la falaise, je parvins à me hisser au bord d'une ravine, et là, m'étendant de tout mon long dans les herbes, appuyé sur le coude, je regardai longuement l'immense plaine des flots, où les flammes du couchant ruisselaient encore. Une sorte d'attente solennelle mêlée de terreur ne tarda pas à peser sur moi. L'orage amoncelait les nues, par bancs énormes, juste au sommet du ciel; l'Océan mugissait. Tout-à-coup des murmures de voix montèrent jusqu'à mon oreille, et je ressentis au coeur la contraction qu'on éprouve, lorsqu'on se sent en présence de quelque grave événement. ”
