Jules de Saint-Félix

Résumé

Jules de Saint-Félix Louise d'Avaray. Tome 1 (1844)

Allons, mademoiselle, renoncez à un rêve trop ardemment accepté ; la vie ascétique et l'habit religieux ne sont point faits, du moins encore, pour Louise d'Avaray.
Louise ne répondit à ces paroles que par un soupir prolongé, suave gémissement qui alla se perdre au milieu des parfums et des plaintives harmonies du soir.
La lune se leva diaphane et tranquille sur les sommets opposés au couvent ; elle illumina les pics neigeux d'un éclat mat et azuré comme celui des perles orientales; sa lumière mélancolique envahit bientôt toute la vallée et vint se projeter sur les grands murs du monastère.
Source : Gallica

Jules de Saint-Félix Louise d'Avaray. Tome 1 (1844)

Quant à cette musique, on passerait la nuit à l'écouter.
— N'est-ce pas, mon tuteur ? dit Louise en se levant avec vivacité et comme entraînée vers M. de Roni; mais modérant le ton de sa voix et l'élan de son âme :
— Monsieur, reprit-elle, je sais qu'une grande passion pour la musique trouve beaucoup d'incrédules dans le monde.
Mais le noble comte lui avait pris la main et il avait attiré vers lui cette charmante jeune fille, de telle sorte que mademoiselle d'Avaray se trouva, presque sans le savoir, la tête appuyée contre la poitrine de son tuteur.
Source : Gallica

Jules de Saint-Félix Louise d'Avaray. Tome 1 (1844)

Le comte est allé on ne sait où; le chagrin peut mener bien loin, et mon noble tuteur avait dans le coeur une peine mortelle. Son âme est élevée, son esprit est supérieur; j'avoue ma tendre amitié pour lui. Je m'étais habituée, depuis mon enfance, à regarder sa femme et lui comme une soeur et un frère aînés : le malheur et la mort sont venus déchirer brutalement cette douce et précieuse intimité. Oh ! madame, madame, la vie est une ironie amère.
Source : Gallica

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