Yveling Rambaud

Résumé

Yveling Rambaud Le demi-homme (1868)

Et tout haut : — Quel est l'homme que votre coeur a choisi, ma chère Berthe? pourrez-vous me le dire ?...
— Oui, c'est M. Berlandier.
— Berlandier ! s'écria la vieille dame en se levant toute droite. Ses traits se couvraient d'une rougeur apoplectique. Berlandier !... Vous vous moquez de moi, ma fille?
Et elle retomba haletante sur son fauteuil.
— J'ai dit M. Berlandier, reprit Berthe sans s'émouvoir. Je suis désolée de vous avoir causé cette émotion, ma tante. Je me retire.
Elle salua et sortit, elle-même fort émue. Le chagrin de la chanoinesse l'affligeait, en effet, réellement.
Source : Gallica

Yveling Rambaud Le demi-homme (1868)

Personne ne vous force à croire; mais au moins ne tournez pas en ridicule la croyance des autres.
— Il n'y a que la foi qui sauve, reprit le comte.
— Oui, continua la chanoinesse ; j'ai foi parce que Dieu est tout-puissant et qu'il peut...
— Arrêter le soleil, qui ne marche pas.
— Je vous prie, brisons là-dessus, mon frère. Vous savez que vous m'affligez par votre impiété; au moins, que vos discours ne me la rappellent pas aussi souvent.
Berthe n'avait rien dit, mais elle avait souri. Le comte était heureux. Le bonheur nous rend compatissant, et il cessa de taquiner sa soeur.
Source : Gallica

Yveling Rambaud Le demi-homme (1868)

Ignores-tu que dans le monde on pardonne tout plutôt qu'une mésalliance? Toutes les portes qui aujourd'hui sont grandes ouvertes à la marquise de Briare seront impitoyablement fermées à madame Beriandier. Tes gens même, tes valets te mépriseront. — Berthe, ma chère enfant, dit-elle les yeux baignés de larmes, au nom des tiens, songes-y bien, réfléchis.
— Je l'aime, et son amour me tiendra lieu de tout. Et que m'importe le monde, s'il est assez stupide pour repousser l'homme qui ne doit rien qu'à lui-même
Source : Gallica

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