Pierre Alexis Ponson du Terrail

Pierre Alexis Ponson du Terrail

Résumé

Portrait de Pierre Alexis Ponson du Terrail Pierre Alexis Ponson du Terrail Le Castel du Diable. [L'Anneau de fer du passé… (1865)

Monsieur Raoul, murmura Rose en sanglotant, vous avez raison de vouloir quitter celte maison qui fut à vous et qu'on vous a volée; vous avez raison de vouloir fuir cette terre de France qui fume encore du sang de son roi, de répudier ce malheureux pays aveuglé qui a foulé aux pieds ses lois, ses moeurs, son Dieu, insulté la mémoire des aïeux et jeté leur cendre au vent. Partez, monsieur le marquis; à ceux qu'a trahis la fortune une mort glorieuse reste seule. Allez mourir en gentilhomme, Raoul, qui meurt bien a noblement vécu.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Alexis Ponson du Terrail Pierre Alexis Ponson du Terrail Le Castel du Diable. [L'Anneau de fer du passé… (1865)

L'enfance de Rose passa tout entière devant ses jeux, et dans ses larmes et ses sourires de petite fille, dans ses coquetteries mutines, dans ses puérils dépits, il lut et comprit dix années d'amour qui lui avaient échappé. Les moralistes ne seront peut-être pas tous de notre avis, mais il est bien certain cependant que la pensée et le mot de mariage sont toujours loin de l'imagination de ceux qui, pour la première fois, viennent à songer à l'amour.
Rose apparut à Raoul comme nous apparaît cette première idole rêvée longtemps par notre coeur à l'insu de notre esprit
Source : Gallica

Portrait de Pierre Alexis Ponson du Terrail Pierre Alexis Ponson du Terrail Le Castel du Diable. [L'Anneau de fer du passé… (1865)

Et maître Sonne-Toujours plia un genou devant Raoul et poursuivit :
— Mon cher maître et seigneur, Dieu m'est témoin que lorsque j'ai acheté vos biens pour deux cent mille francs d'assignats, c'était dans l'intention de vous les rendre; mais que voulezvous? la fortune tourne la tête, la possession rend stupide, j'ai été lâche et ingrat, et je ne mérite que votre colère... Laissez-moi au moins soulager ma conscience, me débarrasser du fardeau que j'ai sur le coeur, reprenez votre château, vos terres, tout ce que la République et moi nous vous avons volé...
Source : Gallica

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