José-Maria de Heredia

Élements biographiques

Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Les Trophées

Au fouet échevelé de la fumante écume.
Blason céleste
J'ai vu parfois, ayant tout l'azur pour émail,
Les nuages d'argent et de pourpre et de cuivre,
À l'Occident où l'oeil s'éblouit à les suivre,
Peindre d'un grand blason le céleste vitrail.
Pour cimier, pour supports, l'héraldique bétail,
Licorne, léopard, alérion ou guivre,
Monstres, géants captifs qu'un coup de vent délivre,
Exhaussent leur stature et cabrent leur poitrail.
Certe, aux champs de l'espace, en ces combats étranges
Que les noirs Séraphins livrèrent aux Archanges,
Cet écu fut gagné par un Baron du ciel
Source : Gutenberg

Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia La Nonne Alferez

Dans l’inaction forcée, prisonnière lasse de fouler les planches d’un pont de navire, elle se plut à revivre par la pensée les aventures d’autrefois, les courses à cheval à travers les Andes, en quête d’El-Dorado, les querelles, les combats, les fuites, la fortune hasardeuse, la vie errante et libre. Elle l’a fait dans une langue nette, concise et mâle. Elle ne parle d’elle-même au féminin que très rarement, dans les cas désespérés, aux minutes de suprême détresse, alors qu’elle sent la Mort et qu’elle a peur de l’Enfer.
Source : Wikisource

Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Les Trophées

Préfère à la splendeur du temple et de l’autel
La main pure immolant la victime impollue.
Ami, dressons un tertre aux bornes de ton pré
Et qu’un vieux bouc, du sang de sa gorge velue,
Fasse l’argile noire et le gazon pourpré.
LA JEUNE MORTE
Qui que tu sois, Vivant, passe vite parmi
L’herbe du tertre où gît ma cendre inconsolée ;
Ne foule point les fleurs de l’humble mausolée
D’où j’écoute ramper le lierre et la fourmi.
Tu t’arrêtes ? Un chant de colombe a gémi.
Non ! qu’elle ne soit pas sur ma tombe immolée !
Si tu veux m’être cher, donne-lui la volée.
La vie est si douce, ah !
Source : Wikisource

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