José-Maria de Heredia

José-Maria de Heredia

Résumé

Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Le Parnasse contemporain/1869

Dieux eux-mêmes, siégeaient parmi les anciens Dieux,
Et qu’il avait courbé sous le joug de l’épée
La terre de Manco sur son frère usurpée.
Aussitôt, s’éloignant de la côte à grands pas,
À travers le désert sablonneux des pampas,
Tout joyeux de mener au but ses vieilles bandes,
Pizarre commença d’escalader les Andes.
De plateaux en plateaux, de talus en talus,
De l’aube au soir, allant jusqu’à n’en pouvoir plus,
Ils montaient, assaillis de funèbres présages.
Rien n’animait l’ennui des mornes paysages.
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Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Le Parnasse contemporain/1869

Au flanc du mont obscur cette splendide entaille.
Et, la terre manquant sous eux, les Conquérants
Sur la corniche étroite ayant serré leurs rangs,
Chevaux & cavaliers brusquement firent halte.
Les Andes étageaient leurs gradins de basalte,
De porphyre, de grès, de schiste & de granit
Jusqu’à la haute assise où le roc qui finit
Sous le linceul neigeux n’apparaît que par place.
Plus haut, l’âpre forêt des aiguilles de glace
Fait vibrer le ciel bleu par son scintillement
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Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Le Parnasse contemporain/1869

Et par mon saint patron, don François, je le jure. —
Et ce disant, d’un bras furieux, dans le sol
Qui frémit il planta l’étendard espagnol.
Et le vent des hauteurs qui soufflait par rafales
Tordit superbement ses franges triomphales.
Cependant les soldats restaient silencieux,
Éblouis par la pompe imposante des cieux.
Car derrière eux, vers l’ouest, où sans fin se déroule
Sur des sables lointains la Pacifique houle,
Dans une brume d’or & de pourpre, linceul
Rougi du sang d’un Dieu, sombrait l’antique Aïeul
De celui qui régnait sur ces tentes sans nombre.
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