Bernard Henri Gausseron

Résumé

Bernard Henri Gausseron Les Fils de Kaïn

Tous, les Dieux de l’Europe et les Dieux de l’Asie,
Enfants de l’épouvante ou de la poésie,
Ceux que la Grèce fit, ceux que Rome adora,
Les monstres de l’Égypte et de la Phénicie,
Tombèrent sous Celui dont la voix déclara
Que tout homme sera pécheur dès qu’il naîtra.
Il resta, seul avec l’Homme-Dieu du Calvaire,
Dans le désert des cieux trônant, le front sévère,
De sa verge d’airain frappant l’Humanité.
Et sous son joug pesant et dur, qu’elle révère,
L’Humanité se courbe avec humilité,
L’aiguillon dans le flanc, comme un taureau dompté.
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Bernard Henri Gausseron Les Fils de Kaïn

Ô Kaïn, nous avons précipité cet âge
Que tu prophétisais à tes enfants damnés.
À vaincre ton vainqueur nous étions destinés.
Plus de Roi, plus de Prêtre et plus de tyrannie !
La Justice, que Dieu du monde avait bannie,
Revient, tandis que Dieu, dans ses nuages meurt.
Iaveh, Iaveh, le monde te renie.
Ton vieux culte, galère où l’homme était rameur,
Sombre sous le mépris dont grandit la clameur.
Libre de tes liens, l’Humanité joyeuse,
Pour le Vrai seulement gardant sa foi pieuse,
Va vivre dans sa force entière et sa fierté.
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Bernard Henri Gausseron Les Fils de Kaïn

Demain, ton jour luira, Kaïn, grande victime.
Le coupable sera seul puni pour le crime
Auquel il employa le bras de l’innocent.
Nul ne prostituera désormais son estime,
En la livrant, par crainte, au superbe, au puissant,
Dont le lit est baigné d’une mare de sang.
Le maudit maudira. L’esclave sera libre.
Le monde chancelant reprendra l’équilibre.
Le Mal disparaîtra, Dieu n’étant plus qu’un mot.
Le cœur du genre humain du même désir vibre.
Le bonheur éternel demain sera son lot :
La Révolution pousse en avant son flot.
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