Jean Bertheroy

Jean Bertheroy

Résumé

Portrait de Jean Bertheroy Jean Bertheroy Aristophane et Molière

Athène aux bras puissants contre Sparte aux seins durs
Lutte pour agrandir jusqu’à la mer ses murs ?
MOLIÈRE
Il est vrai que la Paix, vierge auguste et féconde.
N’a pas encore ouvert ses ailes sur le monde,
Mais il ne s’agit pas d’Athène par ici,
Et Sparte est, je le crains, notre dernier souci.
La ville aux dômes blancs qui devant nous s’étale,
C’est Paris, une noble et vaste capitale,
Où l’homme libre et fier compte pour ce qu’il vaut,
Où dans des temples neufs s’érige un art nouveau.
Tu t’es trompé de route, ô chantre de Phalère !
ARISTOPHANE (étendant le bras) .
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Portrait de Jean Bertheroy Jean Bertheroy Aristophane et Molière

ARISTOPHANE
Sur ce sujet douteux je m’en tiens à l’oracle.
S’il ne parle pas clair, du moins il ne ment point.
L’homme, éternel Sisyphe, atteint un certain point
Au bout duquel il butte et retourne en arrière,
Et souvent à ce choc tombe sur son derrière.
Voilà pourquoi, jalons de ce triste chemin,
Demain ressemble à hier, hier ressemble à demain.
MOLIÈRE
Mais à quoi sert dès lors l’humaine conscience,
L’énergie au combat, la belle impatience
Du triomphe ? À quoi sert l’amour, môme l’amour ?
ARISTOPHANE
À rendre plus léger le poids lassant du jour.
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Portrait de Jean Bertheroy Jean Bertheroy Aristophane et Molière

Ne fût-ce qu’un instant, revoir mon cher Paris.
(Il regarde de nouveau dans la direction de la cité.)
Le cœur me bat un peu de me sentir tout proche.
Paris si bon enfant ! Souvent je me reproche
D’avoir grossi tes maux de mon rire cruel.
Mais tu l’as oublié, ton cœur n’a point de fiel.
Aujourd’hui, si quelqu’un te parlait de Molière,
Tu dirais : « La paix soit à son heure dernière !
Laissons parmi les morts se reposer les morts ! »
Et tu n’aurais souci de mes tardifs remords.
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