Kain

Définition et enjeux

Portrait de Jules Lemaître Jules Lemaître,  Les Contemporains, 2ème Série

“ IV Kaïn est un poème non de désespoir, mais d’espoir violent né de l’intensité même du désir. Il marque une aspiration d’un jour, une involontaire concession du poète à « l’illusion qui fait de nous sa pâture » [3] et qui, trompant sans cesse les efforts qu’elle suscite, ne permet point à la douleur de s’endormir. Il est bien jeune et bien naïf, le vieux Kaïn, et trop dupe de son bon cœur. Eh ! oui, les dieux passeront, mais après ? l’humanité en sera-t-elle plus heureuse ? ”
Source : Wikisource

Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun,  Souvenirs de Madame Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun…

“ Je me souviens parfaitement d'avoir vu jouer le célèbre Le Kain: quoique je fusse trop jeune alors pour apprécier son grand talent, les applaudissemens, les transports unanimes qu'il excitait me prouvaient assez combien ce tragédien était supérieur. La laideur de Le Kain, toute prodigieuse qu'elle fût, disparaissait dans certains rôles. Le costume de chevalier, par exemple, adoucissait l'expression sévère et repoussante d'une figure dont tous les traits étaient irréguliers, en sorte qu'on pouvait le regarder quand il jouait Tancrède ”
Source : Gutenberg

Didier de Chousy,  Ignis (par le Cte Didier de Chousy… (1884)

“ Cela est, je le sens ; je sens sa peau de bique qui se drape sur mon squelette, son bâton qui prend ma main. Je suis Kaïn, meurtrier de Kaïn et d'Abel, chargé de deux sangs, deux fois immortel et deux fois maudit ! Il rit, le vrai Kaïn, je l'entends, j'entends grincer son rire dans ses mâchoires énormes ; il rit parce que sa peau m'est trop grande, son bâton trop lourd. Il me trouve ridicule et il a raison, car lui du moins avait un corps. Job, le plus pauvre des hommes, était propriétaire, il avait un fumier. ”
Source : Gallica

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