Jacques Dyssord

Jacques Dyssord

Résumé

Portrait de Jacques Dyssord Jacques Dyssord Les dés sont jetés : poèmes (1938)

Il n'est sage qui ne soit fol,
Il n'est de fol qui ne soit sage Et dont ne brille le plumage.
N'est poison qui ne soit boisson, N'est boisson qui ne soit poison, Et n'est verre qui ne soit frère, Et n'est frère qui ne soit verre.
Un oiseau chante sur le mur Deux oiseaux chantent dans l'azur, Cent oiseaux chantent les louanges De Dieu, de son ciel, de ses anges.
Je chante, à mon tour, il le faut, Seigneur, mais je chante si faux! C'est mon ivresse qui me porte. Ne me laissez pas à la porte.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Dyssord Jacques Dyssord Les dés sont jetés : poèmes (1938)

L'HEURE DE CAIN
I
Le mal endormi se réveille Qui ne sommeillait que d'un œil, Caïn à la bouche vermeille Que baisent les femmes en deuil.
Il n'est de riches de promesses Et qui mourront à petit feu Pour avoir manqué de justesse L'invisible présence d'un Dieu,
D'amantes dont se refermèrent Sur le vide les bras fumants, D'enfants attentifs à distraire Leur fraîcheur aux sables du temps,
Et pas d'orgueil qui ne s'éclairent Ni de désir inexaucé,
— Caïn qu'as-tu fait de ton frère? — Du silence du Retrouvé.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Dyssord Jacques Dyssord Les dés sont jetés : poèmes (1938)

Sur ta tête d'enfant qui connut la disgrâce Des boucles d'or tombant sous le froid des ciseaux, Si pèse cette main des hommes de ta race Qui tenaient leurs meetings aux portes des tombeaux,
Et dans ton cœur, hanté comme l'est une lande Où les oiseaux de nuit luttent contre le vent,
Si pareil aux enluminures des légendes Refleurit le bouquet pensif de tes quinze ans,
Poursuis ta route sans savoir où elle mène Et sans tourner la tête, et sans perdre le pas.
A chaque jour — à chaque heure — suffit sa peine — Et l'ombre qui te guette en se croisant les bras.
Source : Gallica

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