Friedrich Melchior Grimm,
Oeuvres de Fontenelle : études sur sa vie et son esprit
(1852)
“ Je fuis le soleil même, et je suis descendue Dans les tombeaux de mes aïeux. Ce funeste séjour, conforme à mes pensées, Excite mes soupirs et nourrit mes douleurs ; Ces morts m'offrent en vain leurs fortunes passées : Rien n'approche de mes malheurs. Ne croyez pas, seigneur, que Cléopâtre y compte La gloire dont le ciel se plaît à vous charger ; Dans l'univers entier elle aurait trop de honte D'être seule à s'en affliger. Reine sans diadème, et n'attendant que l'heure D'une prison affreuse ou d'un bannissement, Dans ses États conquis Cléopâtre ne pleure Que la perte de son amant. ”

