Résumé

Portrait de Friedrich Melchior Grimm Friedrich Melchior Grimm Oeuvres de Fontenelle : études sur sa vie et son esprit (1852)

Pour ses années,
elles ne sont que de près de huit mois, puisqu'elle tourne en ce temps-là autour du soleil. Elle est grosse comme la terre, et, par conséquent, la terre paraît à Vénus de la même grandeur dont Vénus nous paraît. J'en suis bien aise, dit la marquise; la terre pourra être pour Vénus l'étoile du berger et la mère des amours, comme Vénus l'est pour nous. Ces noms-là ne peuvent convenir qu'à une petite planète qui soit jolie, claire, brillante, et qui ait un air galant. J'en conviens, répondis-je; mais savezvous ce qui rend Vénus si jolie de loin?
Source : Gallica

Portrait de Friedrich Melchior Grimm Friedrich Melchior Grimm Oeuvres de Fontenelle : études sur sa vie et son esprit (1852)

Dites-moi, je vous prie, une chose, dit la marquise ; ont-ils autant de peur des éclipses dans la lune que
nous en avons ici? Il me paraîtrait tout à fait burlesque que les Indiens de ce pays-là se missent à l'eau comme les nôtres ; que les Américains crussent notre terre fâchée contre eux ; que les Grecs s'imaginassent que nous fussions ensorcelés, et que nous allassions gâter leurs herbes, et qu'enfin nous leur rendissions la consternation qu'ils causent ici-bas. Je n'en doute nullement, répondis-je. Je voudrais bien savoir pourquoi messieurs de la lune auraient l'esprit plus fort que nous.
Source : Gallica

Portrait de Friedrich Melchior Grimm Friedrich Melchior Grimm Oeuvres de Fontenelle : études sur sa vie et son esprit (1852)

Non, répondis-je; la lune ne ressemble pas autant à la terre que Saint-Denis ressemble à Paris. Le soleil élève de la terre et des eaux des exhalaisons et des vapeurs, qui, montant en l'air jusqu'à quelque hauteur, s'y assemblent, et forment les nuages. Ces nuages suspendus voltigent irrégulièrement autour de notre globe, et ombragent tantôt un pays, tantôt un autre. Qui verrait la terre de loin, remarquerait souvent quelques changements sur sa surface, parce qu'un grand pays, couvert par des nuages, serait un endroit obscur, et deviendrait plus lumineux dès qu'il serait découvert.
Source : Gallica

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