Tragédie française

Définition et enjeux

Armand Morlaix Revue des Deux Mondes

Dans sa fuite, vérité, philosophie, poésie, il rejette tout ce qu’il croit nuire à la rapidité de la course. Et tandis que la tragédie anglaise, semblable aux voiturins de l’Italie, vous promène à pas lents à travers un pays pittoresque que la nature et l’art ont embelli à l’envi, où chaque pas fait lever une distraction, et d’où vous emportez tout un bagage de souvenirs, la tragédie française, comme la vapeur, vous pousse sur le fer, et vous lance au but comme la flèche.
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Portrait de Ernest Bersot Ernest Bersot Morale et politique, par Ernest Bersot… (1868)

La tragédie française nous donne le spectacle de l'âme aux prises avec elle-même, s'isolant, s'analysant en une sorte de monologue, et disant ce qu'elle éprouve dans un langage choisi, éloquent et ému; c'est, très-bien; mais pourquoi n'y aurait-il que cette unique manière d'entendre la tragédie? Pourquoi ne verrait-on pas aussi l'âme aux prises avec le monde, avec la vie, avec la destinée, pourvue de qualités bonnes ou mauvaises pour le combat, plus agissante que parlante, découvrant naïvement ses actions, comme cela se passe en effet?
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Portrait de Émile Faguet Émile Faguet La Tragédie française au XVIe siècle… (1883)

Telle je me figure la tragédie française en son ensemble, oeuvre ingénieuse et forte d'un peuple plus sensé que passionné, plus épris de logique, de clarté et d'ordre que d'imagination, qui compose plus qu'il n'invente ; chez qui souvent les sentiments sont des idées, mais qui enchaîne en un ordre parfait des idées justes ; qui aime l'action, et la veut rapide tout en la voulant ordonnée, mesurée et précise en sa marche; qui, de plus, ayant un vif souci de la valeur pratique des idées, demande sur son théâtre de grandes leçons mêlées aux grands événements
Source : Gallica

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