Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, VIII (1759-1760…

Vous êtes indigné, dites-vous, que les philosophes se laissent égorger ; vous en parlez bien à votre aise : et que voulez-vous qu’ils fassent ? Écriront-ils contre Palissot ? en vaut-il la peine ? contre des femmes, contre des gens puissants et inconnus, qui protègent la pièce et qui le nient ? C’est à vous, mon cher maître, qui êtes à la tête des lettres, qui avez si bien mérité de la philosophie, et sur qui la pièce tombe plus peut-être que sur personne ; c’est à vous, qui n’avez rien à craindre, à venger l’honneur des gens de lettres outragés.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, VIII (1759-1760…

Maître Joly de Fleury assemblera-t-il les chambres pour faire brûler le roi de Prusse ? Je ne crois pas qu’il l’ose, car, après tout, deux ou trois Piosbachs mèneraient l’auteur à Paris, et maître Joly passerait mal son temps. Il faut avouer que c’est dommage qu’un roi si philosophe, si savant, si bon général, soit un ami perfide, un cœur ingrat, un mauvais parent, un mauvais maître, un détestable voisin, un allié infidèle, un homme né pour le malheur du genre humain, qui écrit sur la morale avec un esprit faux, et qui agit avec un cœur gangrené.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, VIII (1759-1760…

Quoiqu’il y ait de l’esprit dans Genève, j’aime bien mieux le vôtre ; et vous savez y joindre un cœur si désirable et si bon que je me garderai bien de le comparer aux cœurs helvétiens : sans être gâtés, ils sont peu maniables. Il y a une rudesse dans leurs mœurs à laquelle une Française a de la peine à s’accoutumer. Point de vraie amitié : chacun s’observe et songe à soi. Ils font peu de cas de la franchise, parce qu’ils n’ont pas encore l’âme assez élevée pour savoir s’en servir. Ils croient aussi la finesse un mérite, et ils ignorent qu’elle est le partage des petites âmes.
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