Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, X (1762-1763)

Si vous n’aviez fait que de belles tragédies, et le seul poëme héroïque qu’on lise avec plaisir dans notre langue ; si vous n’étiez qu’un historien élégant et philosophe, qu’un homme du monde facile dans son style, piquant et agréable dans ses plaisanteries, vous ne laisseriez pas que d’être le premier homme de lettres de votre siècle ; mais outre les talents de l’esprit et les ressources du génie, vous avez de l’humanité dans le cœur, vous faites du bien aux malheureux, vous dotez la petite-nièce du grand Pierre, après l’avoir élevée : voilà ce qui vous met au-dessus des autres hommes.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, X (1762-1763)

En un mot, il faut retoucher le rôle de Fulvie. La pièce, à cela près, vous paraît-elle aller un peu ? S’il y a quelque chose de mauvais, dites-le-moi ; s’il y a du bon, dites-le-moi aussi. Je ne suis point rétif, point opiniâtre, point amoureux de ma statue. Quand je ne corrige pas, c’est que je ne trouve pas ; la bonne volonté ne me manque point, mais bien l’imagination. On n’a pas toujours des idées à commandement, c’est un coup de la grâce : elle vient quand il lui plaît ; elle est, comme l’amour, très-volontaire.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, X (1762-1763)

Si Votre Éminence n’a pas encore reçu Olympie imprimée, elle la recevra bientôt d’Allemagne ; c’est toujours une heure d’amusement de lire une pièce bonne ou mauvaise, comme c’est un amusement de six mois de la composer, et qu’il ne s’agit guère, dans cette vie, que de passer son temps.
Votre Éminence passera toujours le sien d’une manière supérieure : car, avec tant de goût, tant de talent, tant d’esprit, il faut bien qu’un cardinal vive plus agréablement qu’un autre homme.
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