Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, XI (1763-1765)

Quand on veut nuire dans un ouvrage, il faut qu’il soit bon par lui-même, et que le poison soit couvert de fleurs : c’est ici tout le contraire.
Il est vrai que l’auteur a des protecteurs ; mais les protecteurs veulent être amusés, et ils ne le seront pas. L’ouvrage sera oublié dans quinze jours ; et le grand monument qu’érige M. Diderot doit faire à jamais l’honneur de la nation. J’attends l’Encyclopédie avec l’impatience d’un homme qui n’a pas longtemps à vivre, et qui veut jouir avant sa mort. Plût à Dieu qu’on eût imprimé cet ouvrage en pays étranger !
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, XI (1763-1765)

Tout ce que j’espère faire, c’est de vous dire que je vous aime de tout mon cœur. Quand cela est dit, je vous le redis encore : c’est comme l’Ave Maria qu’on répète ; on dit qu’il ennuie la sainte Vierge, et j’ai peur d’ennuyer gros chat par de pareilles répétitions. Que n’êtes-vous la nièce de Corneille ! je vous aurais remariée, et vous seriez grosse actuellement, et nous vivrions ensemble le plus gaiement du monde.
Adieu, mon cher gros chat ; vivons tant que nous pourrons ; mais la vie n’est que de l’ennui ou de la crème fouettée.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, XI (1763-1765)

Jean-Jacques m’est antipathique, il remettrait tout dans le chaos ; je n’ai rien vu de plus contraire au bon sens que son Émile, rien de plus contraire aux bonnes mœurs que son Héloïse, et de plus ennuyeux et de plus obscur que son Contrat social.
J’aime beaucoup ce que vous dites sur nos historiens : qu’est-ce que l’histoire, si elle n’a pas l’air de la plus grande vérité ? Mais quoique l’esprit philosophique soit bon à tout et partout, je n’aime pas qu’on le fasse trop sentir dans l’histoire : cela peut rendre les faits suspects et faire penser que l’historien les ajuste à ses systèmes.
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