Voltaire,
Correspondance, XII (1765-1766…
“ Quelque puérils qu’ils soient par eux-mêmes, il est naturel que nous en soyons plus affectés que d’idées vagues qui sont pour nous le chaos, ou même le néant. Pour moi, monsieur, je l’avoue, je n’ai qu’une pensée fixe, qu’un sentiment, qu’un chagrin, qu’un malheur, c’est la douleur d’être née ; il n’y a point de rôle qu’on puisse jouer sur le théâtre du monde auquel je ne préférasse le néant, et, ce qui vous paraîtra bien inconséquent, c’est que quand j’aurais la dernière évidence d’y devoir rentrer, je n’en aurais pas moins d’horreur pour la mort. ”
