Jules Soury,
Une étude de mœurs antiques. — La Délia de Tibulle
“ Tibulle est allé à la postérité avec une vingtaine d’élégies dont la moitié seulement lui a paru digne d’être publiée. Toute son œuvre immortelle tiendrait dans deux colonnes du Times. Il n’écrivit pas pour écrire, comme Ovide ou Martial. En toute chose, Tibulle montra cette nonchalance de grand seigneur, disons mieux, de chevalier romain opulent et lettré, sans dédain ni amertume, qui n’est plus guère dans nos mœurs littéraires. Jamais il ne s’imagina qu’il avait charge d’âmes, que la poésie est un sacerdoce, que le poète a pour mission d’éclairer et de conduire l’humanité. ”
