Résumé

Portrait de Tibulle Tibulle Œuvres de Catulle, Tibulle et Properce

C'est pour le vieillard caduc qu'il faut réserver tes rigueurs : de grâce, épargne un jouvenceau. Ce n'est point la maladie, mais l'excès de son amour qui a flétri son teint. L'infortuné ! combien de fois, en ton absence, n'a-t-il point exhalé sa douleur en plaintes amères, et versé des torrents de larmes ? D'où viennent ses mépris ? s'écrie-t-il ; je pouvais mettre en défaut la vigilance de ses gardiens. L'Amour enseigne lui-même aux amants à tromper. Je connais les jouissances furtives de Vénus ; je sais comprimer mon haleine, et ravir des baisers sans bruit.
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Mais toi, fuis loin d'ici, malheureux, qui vends ta beauté, et rentre chez toi la main chargée du prix de l'infamie. Et toi, qui n'as pas craint d'employer les présents pour le séduire, que ta femme se joue de toi impunément par de continuelles trahisons ; quand elle aura, de ses jouissances furtives, fatigué quelque jeune amant, qu'elle vienne tout abattue dans ton lit, avec un vêtement qui vous sépare. Puisses-tu trouver toujours dans ta couche les traces d'un étranger ! Puisse ta porte être toujours ouverte à ceux que les désirs tourmentent !
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Ce qui te nuit, c'est de l'avoir touchée, c'est de lui avoir donné de longs baisers, c'est d'avoir enlacé tes genoux dans les siens.
Et toi, Pholoé, garde-toi de traiter ton jeune amant avec rigueur ; Vénus punit les orgueilleux dédains. Ne lui demande pas de présents. C'est à l'amoureux en cheveux blancs de te donner de l'or, pour que tu réchauffes mollement contre ton sein ses membres glacés. Mieux vaut cent fois que l'or l'adolescent dont les tendres joues brillent d'un doux éclat, et dont la barbe sans rudesse ne déchire point la beauté qu'il embrasse.
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