Giambattista Marino,
Les Vrais Plaisirs
“ Vous verrez mes cheveux blanchir & les rides silloner mon front, avant que mon cœur change. Le feu qui me brûle est immortel comme celle que j’adore. Je jure par vos beaux yeux, qui allument le flambeau de l’amour, qu’Adonis ne sera jamais qu’à vous : si mon serment est faux, que je devienne la proye d’un sanglier furieux. Ah ! si vous sentiez, dit-elle, la douceur d’être aimé, quand on aime ; si vous pouviez comprendre le tourment d’un cœur éloigné de ce qu’il idolâtre, vous me donneriez, en restant avec moi, des preuves plus touchantes de vos sentimens. ”
