Gustave Flaubert

Gustave Flaubert

Résumé

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert,  Passion et vertu

“ Pauvre Mazza ! tant d’amour, de cœur et de tendresse pour une indifférence si froide, un calme si raisonné ! Elle tomba dans l’affaissement et le dégoût. « Je croyais, dit-elle un jour, qu’on pouvait mourir de chagrin ! ». Du dégoût elle passa à l’amertume et à l’envie.
C’est alors que le bruit du monde lui parut une musique discordante et infernale, et la nature une raillerie de Dieu ; elle n’aimait rien et portait de la haine à tout ; à mesure que chaque sentiment sortait de son cœur, la haine y entrait si bien qu’elle n’aimait plus rien au monde, sauf un homme.
”
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert,  Passion et vertu

“ « Adieu, je compte sur vous, n’oubliez pas mon acide.
« Ernest Vaumont. »
Quand Mazza eut lu cette lettre, elle poussa un cri inarticulé, comme si on l’eût brûlée avec des tenailles rouges.
Elle resta longtemps dans la consternation et la surprise. « Ah ! le lâche ! dit-elle enfin, il m’a séduite et il m’abandonne pour une autre ! Avoir tout donné pour lui et n’avoir plus rien ! jeter tout à la mer et s’appuyer sur une planche, et la planche vous glisse des mains, et l’on sent qu’on s’enfonce sous les flots ! »
”
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert,  Passion et vertu

“ Oh ! elle est heureuse, le premier pas est fait, les autres ne lui coûteront plus ; elle pourra maintenant le regarder sans rougir, elle n’aura plus besoin de tant de ménagements, de petites mines de femme pour se faire aimer ; il vient lui-même, il se donne à elle, sa pudeur est ménagée, et c’est cette pudeur qui reste toujours aux femmes, ce qu’elles gardent même au fond de leur amour le plus brûlant, des plus ardentes voluptés, comme un dernier sanctuaire d’amour et de passion, où elles cachent comme sous un voile tout ce qu’elles ont de brutal et d’efféminé. ”
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