Michèle Opdebeck

Résumé

Michèle Opdebeck Linges ; Passages à gué (1974)

Tangente, oublie la rive heureuse des pensées de feutre jaune sous l'épanouie.
Sables mouvants.
La vie se pend à une fenêtre, tombe comme un chat sur l'asphalte bouillant. Si elle se perd, personne ne pardonnera plus à l'osier ses querelles ni n'offrira de robes aux fruits verts ou blets.
La rue ravaude ses rives.
Les faux ont glané de maigres péchés et tressent des breloques de mouvantes pépies.
Amant, regard fauché par les pailles de l'été en sueur, tu veux le geste sec, lent, bien dessiné.
Le sang noir du malade, la peau sombre gangrénée.
Source : Gallica

Michèle Opdebeck Linges ; Passages à gué (1974)

L'homme écrasé agonise sans retrait ni filet.
Maison plissée,
figure saccagée, ombrée de veinules,
lorsque les lucarnes et les glaces se strient et renvoient un manège découpé en lamelles, taches et absences.
Les mains, tenailles, s'entretuent, hagardes dans leurs stances au cœur enflé, à la jambe ouverte, au ventre noir.
Les corps blêmes ne s'écoutent pas,
ensevelis sous les copeaux de peine, à bleuir.
Ronge ta peau,
égratigne ton sourire,
récure tes mains.
Magasin des chants où traîne une traîne de sourire et la craie colportée vers un sang versé en hommage.
Maison bosselée.
Source : Gallica

Michèle Opdebeck Linges ; Passages à gué (1974)

Chaque vent maintient un rêve à l'entour des vagues et reporte à la lune la solution du repas.
Etoile floue noyée de sueur.
Le corps, craie, pétales et murmures. Encre jaune des baisers sur le papier et les nuages coulant et la rive engluée de soie.
Nervure sans alarme.
La maison, les mots, volés ;
guerre perdue contre les plis et les lampes.
Il pleut le froid, les plaintes,
le monde déclenché des blanches, grises boîtes à meubler les prés et les forêts.
Branches de ta fuite et de tes pains au lait rassis.
Dépecée,
pour n'être qu'une tôle au marché des fêlures, chiffonée, volée.
Source : Gallica

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