Résumé

Pierre Guédy L'heure bleue : illustré par la photographie d'après nature (1899)

Rabyn- Gaill s'est couchée sur le sable, à quelques pas : son courage la stupéfie.
Elle répond enfin aux caresses d'Amed ; pour la première fois ses yeux se fixent sur ses yeux, ses lèvres se tendent frémissantes sur ses lèvres.
Le bien-aimé exulte d'un bonheur inouï. Il presse sur son cœur la divine fathma, dont jamais, même en rêve, il ne s'était vu l'élu pour une nuit d'amour. Car il ne doute pas qu'il ne va l'avoir, qu'il ne va la prendre, qu'il ne va, tout à l'heure, cueillir cette fleur, dérober cette étoile. Elle est déjà plus caressante.
Source : Gallica

Pierre Guédy L'heure bleue : illustré par la photographie d'après nature (1899)

L'infini de la vie et l'infini de l'amour se confondent éperdument dans le bleu laiteux de l'espace, sous le blanc azuré de la lune qui caresse doucement comme une main la silhouette tremblante d'Amed suspendu dans le vide au cou de l'adorée.
Brusquement, une ombre surgit près d'eux, des mains frôlent l'épaule d'Et-Sénab. Elle pousse un cri, une plainte d'agonie. Amed s'écroule comme une masse le long du filigrane.
Puis aussitôt un rire -de folle s'élève. El-Sénab a reconnu Dorko, le singe, que leurs paroles ont réveillé. Et elle rit pour rassurer l'amant.
Source : Gallica

Pierre Guédy L'heure bleue : illustré par la photographie d'après nature (1899)

Elle imite la voix d'Amed et, pendant longtemps, elle lui parle de son amour, l'entretient de ses désirs, de ses espoirs.
Alors El-Sénab répond tout en fermant les yeux.
Rabyn-Gaill, comme le ferait l'amant, la baise, malgré sa défense, sur le front, puis sur la bouche, puis sur les joues, puis sur les seins... La Fathma se débat, supplie son amant d'arrêter son ardeur amoureuse. Elle pleure, elle implore. Alors Rabyn-Gaïll demande pardon, conjure sa bien-aimée, sa maîtresse, d'ouvrir les yeux pour bien lui montrer qu'il n'y a pas de larmes.
Source : Gallica

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