Henriette de Mannoury d’Ectot

Résumé

Henriette de Mannoury d’Ectot Le Roman de Violette

Non, non, vois-tu Mariette, l’idéal de la domination, c’est d’être la maîtresse de soi-même, de ne faire que ce qui plaît, de n’aller qu’où l’on veut, de n’obéir qu’à sa volonté, de ne donner à personne le droit de dire en vous parlant : Je veux.
Personne n’a ce droit-là à mon égard. J’ai vingt-deux ans, je suis vierge, vierge comme Herminie, comme Clorinde, comme Bradamante et si jamais ma virginité me lasse, je me l’offrirai à moi-même, douleur et plaisir ; je ne veux pas quand je mourrai, qu’un homme ait le droit de dire : Cette femme m’a appartenu.
Source : Wikisource

Henriette de Mannoury d’Ectot Le Roman de Violette

La comtesse poussa un cri de rage.
— Oh ! la petite sotte ! continua-t-elle, donner sa virginité à un homme !
— Et à qui vouliez-vous que je la donnasse !
— À moi ! À moi, qui te l’aurais payée ce que tu eusses voulu.
Ah ! continua-t-elle avec un geste de désespoir. Je ne te le pardonnerai jamais !
Et d’une main, elle saisit son corset et de l’autre sa robe comme si elle allait s’habiller.
— Et que te fait-il, ton amant ? Il t’a déchirée sans pitié, ose me dire qu’il t’a fait plaisir ?
— Ah ! oui ! s’écria Violette.
Source : Wikisource

Henriette de Mannoury d’Ectot Le Roman de Violette

Je dois dire que ce ne fut pas le désir qui m’en manqua, mais Violette, je l’ai dit, avait à peine quinze ans, elle était d’une innocence telle que c’eût été un véritable crime de la prendre à elle-même sans qu’elle sût qu’elle se donnait. Puis qu’on me permette de dire cela de moi-même, je suis une nature qui me plais à savourer toutes les délicatesses de l’amour, toutes les voluptés du plaisir. L’innocence est une fleur qu’il faut laisser le plus longtemps possible sur sa tige et ne cueillir que feuille à feuille.
Un bouton de rose met parfois une semaine à s’ouvrir.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature