Paul Acker,
Petites âmes : roman
(1901)
“ Sans le savoir, Jeanne le reprenait. Il n'eût pas supporté sa colère, car un amant infidèle endure rarement des reproches mérités. Mais elle ne lui reprochait rien, elle lui disait seulement qu'elle l'aimait et qu'elle avait beaucoup souffert, et qu'elle songeait aux journées écoulées. Elle se serrait contre lui, elle nouait ses doigts aux siens et elle le regardait longuement, avec tendresse. Elle ne pleurait pas si à Ville-d'Avray elle ne pouvait retenir ses larmes, ici, maintenant, à ses côtés, elle se sentait aussi heureuse que naguèré. ”
