“ Colmar est une de ces villes-là. J’y ai vécu bien des jours de ma vie, mais chaque fois que j’y retourne, je ressens la même douce émotion. Quand je pense à l’Alsace, c’est d’abord vers le coin de terre ou repose mon père que s’en va ma pensée, puis vers elle, car, heureusement encore à peu près oubliée des modernes architectes allemands, elle présente l’image presque intacte de la ville alsacienne, digne, charmante, glorieuse, toute pleine d’un noble passé, pleine aussi d’art et de poésie. ”
Paul Acker
Élements biographiques
Paul-Théodore Acker (1874-1915), écrivain alsacien de langue française, s’impose comme une figure majeure de la littérature populaire et journalistique de son époque. Journaliste engagé, il collabora à des revues prestigieuses avant de se tourner vers des romans qui mêlent constat social et poésie paysanne, comme Le Beau jardin ou Les Exilés.
Son œuvre, marquée par une attention aux réalités humaines et à la beauté du paysage alsacien, lui valut le premier Grand prix du roman de l’Académie française en 1915, couronnant une carrière brève mais intense.
Citations de Paul Acker
Paul Acker,
Humour et humoristes
“ Je n’appelle pas humoriste l’écrivain qui se plaît à rire, à se moquer, qui écrit des blagues et trouve des mots et s’en tient là. L’humoriste est avant tout un réaliste : pas d’humour sans le sens de la vie réelle, sans un contact incessant avec elle. L’humour ne vit que de l’observation directe, minutieuse, exacte, des êtres et des choses. Elle s’appuie sur les faits particuliers, individuels, elle raille ensuite, mais elle ne fait jamais l’un sans l’autre. L’homme d’esprit, au contraire, se passe de la réalité : il aime l’abstrait et le général, l’humoriste a toujours besoin du concret. ”
“ « Quel beau jardin ! » s’écriat-il. De l’endroit où il avait fait halte, toute la basse Alsace étendait devant le grand Roi, de Saverne à Wissembourg, entre la ligne bleue des Vosges et le Rhin, dominés par la flèche de la cathédrale de Strasbourg, ses vertes prairies, ses champs de blé, ses houblonnières, ses vignes, ses forêts, ses routes plantées de quetschiers et de cerisiers et, ramassés dans la verdure, ses villages aux toits rougeâtres : toute sa magnificence et toute sa douceur. Ce n’est pas une vaste province, que l’Alsace. ”
