Catulle Mendès,
Lila et Colette
(1891)
“ Ils sont les formes vivantes de ma rêverie ; ce qu'ils font, — je suis elle tour à tour et lui, — je le fais, sans mouvement ; ce qu'ils disent, je le dis, en silence ; je m'approche, comme lui, je m'effraie, comme elle ; j'implore ce qu'il demande, je donne ce qu'elle accorde ; j'ai leurs désirs, leurs pudeurs, leurs ravissements ; et pas une secousse n'a hâté le balancement rythmique du hamac sous les branches. II — A la bonne heure ! dit Lila. Lorsqu'il s'agit d'une naïve idylle, on peut goûter, dans la contemplation, le charme de l'action même. ”
