Catulle Mendès

Catulle Mendès

Résumé

Portrait de Catulle Mendès Catulle Mendès Toutes-les-amoureuses (1886)

Ce qu'admirait la lampe, c'était madame de Cléguèrec elle-même, si peu vêtue, ah ! si peu, et couchée, comme une baigneuse dans le sable, sur la molle et lisse fourrure où s'écoulaient ses cheveux bruns. A genoux auprès d'elle, Tristan s'extasiait de toute cette blancheur vivante, un peu rose ici, et là s'assombrissant, qui était à lui ! Elle, cependant, sûre de sa beauté parfaite, ravie de ne rien refuser au regard du bien-aimé, elle voulait bien quelquefois, enfouissant son visage dans l'épaisseur des toisons, lentement se tourner, — oh ! l'admirable verso d'une si belle page !
Source : Gallica

Portrait de Catulle Mendès Catulle Mendès Toutes-les-amoureuses (1886)

Ma joie de la revoir était telle, même après de longs mois d'amour, que je n'osais l'affronter tout de suite, ayant peur d'y succomber. J'aurais voulu, lâche à force de désir, que Madeleine m'apparût peu à peu : d'abord la main, puis le bras, puis l'épaule, puis les lèvres, puis les yeux, puis, ô délice ! tout entière. C'est ainsi que, le matin, un convalescent encore ensommeillé, qui désire efredoute le soleil, demande qu'on écarte très lentement les rideaux de sa fenêtre. Je sonnais enfin ! Le bruit léger, avec sa brusquerie de fusée, me fait sursauter le cœur et la cervelle
Source : Gallica

Portrait de Catulle Mendès Catulle Mendès Toutes-les-amoureuses (1886)

Croyez que l'érudition a son prix; que tout le charme du baiser n'est point dans la jeunesse des lèvres. D'ailleurs, un cœur qui se ranime pour une seule, vaut mieux qu'un cœur trop jeune qui s'allume pour toutes. Si vous consentez — renonçant aux vaines idylles — à ne point vous effrayer de nos cheveux grisonnants sur les tempes et de nos lèvres où s'attriste le sourire, vous aurez dans les yeux, bientôt, une reconnaissance infinie; comme l'enfant qui parlait bas, sur la plage ou dans les coins obscurs, à son amant
Source : Gallica

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