Résumé

Adrien Desprez Train de plaisir à travers le Quartier latin… (1864)

A la porte, une femme, dans le paroxysme de la jalousie, accablait son amant de reproches : c'était l'amour-propre blessé, empruntant le langage de l'amour. Plus loin, le couple le plus ennuyé promenait son visage terne au milieu de cette foule pleine de gaîté et d'animation : c'était un amoureux jaloux et chagrin, assez complaisant pour conduire sa maîtresse au bal, pas assez pour la laisser danser. A travers le dépit et la contrariété, sur le visage de la jeune femme perçait un sourire ironique et moqueur, qu'un fataliste aurait traduit ainsi : personne ne peut échapper à son sort.
Source : Gallica

Adrien Desprez Train de plaisir à travers le Quartier latin… (1864)

Mais le soir, quand les rues se remplissent de lumière et de bruit, que les cafés et les resfaurants semblent s'illuminer comme pour une fête, que des bandes joyeuses passent à mes côtés, sillonnant l'air de rires et de chansons, l'ennui et la curiosité s'emparent de moi avec plus de force. Cette vie est une énigme dont je voudrais en vain deviner le mot. Comme un autre Tantale, le plaisir me fuit à mesure que j'avance la main pour le saisir : pour moi la foule est déserte, la gaîté est triste.
Source : Gallica

Adrien Desprez Train de plaisir à travers le Quartier latin… (1864)

Inutile de te dire comment j'ai été présenté à mademoiselle Lucrèce P., fleuriste et jolie fille. J'ai dû lui faire la cour un temps raisonnable, comme l'exige toute femme bien élevée avant de prendre un amant. Je te vois déjà envier mon sort : une maîtresse sage et laborieuse avec cette devise : Amour et fidélité, n'est-ce pas le rêve de tout jeune homme à vingt ans? Ah! mon ami, plus encore que son inconstance, redoute la fidélité d'une maîtresse ! c'est une arme terrible entre ses mains, une excuse à tous ses caprices, un prétexte à toutes ses volontés.
Source : Gallica

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