Alexandre Dumas fils

Alexandre Dumas fils

Résumé

Portrait de Alexandre Dumas fils Alexandre Dumas fils La Dame aux camélias

Prudence est une bavarde. Qu’avais-je besoin de ces chevaux ! J’ai fait une économie en les vendant ; je puis bien m’en passer, et je ne dépense plus rien pour eux ; pourvu que tu m’aimes c’est tout ce que je demande, et tu m’aimeras autant sans chevaux, sans cachemire et sans diamants.
Tout cela était dit d’un ton si naturel, que j’avais les larmes dans les yeux en l’écoutant.
— Mais, ma bonne Marguerite, répondis-je en pressant avec amour les mains de ma maîtresse, tu savais bien qu’un jour j’apprendrais ce sacrifice, et que, le jour où je l’apprendrais, je ne le souffrirais pas.
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Portrait de Alexandre Dumas fils Alexandre Dumas fils La Dame aux camélias

Vous n’ignorez pas cet oubli de toutes choses, qui naît d’un amour violent, confiant et partagé. Tout être qui n’est pas la femme aimée semble un être inutile dans la création. On regrette d’avoir déjà jeté des parcelles de son cœur à d’autres femmes, et l’on n’entrevoit pas la possibilité de presser jamais une autre main que celle que l’on tient dans les siennes. Le cerveau n’admet ni travail ni souvenir, rien enfin de ce qui pourrait le distraire de l’unique pensée qu’on lui offre sans cesse. Chaque jour on découvre dans sa maîtresse un charme nouveau, une volupté inconnue.
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Portrait de Alexandre Dumas fils Alexandre Dumas fils La Dame aux camélias

Je me rappelais avoir rencontré Marguerite très souvent aux Champs-Élysées, où elle venait assidûment, tous les jours, dans un petit coupé bleu attelé de deux magnifiques chevaux bais, et avoir alors remarqué en elle une distinction peu commune à ses semblables, distinction que rehaussait encore une beauté vraiment exceptionnelle.
Ces malheureuses créatures sont toujours, quand elles sortent, accompagnées on ne sait de qui.
Comme aucun homme ne consent à afficher publiquement l’amour nocturne qu’il a pour elles, comme elles ont horreur de la solitude, elles emmènent ou celles qui, moins heureuses, n’ont pas de voiture, ou quelques-unes de ces vieilles élégantes dont rien ne motive l’élégance, et à qui l’on peut s’adresser sans crainte, quand on veut avoir quelques détails que ce soient sur la femme qu’elles accompagnent.
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